
Casablanca, Maroc – Nimba Media
Organisateur culturel devenu blogueur-influenceur, Camara Ibrahim Bachir, surnommé Kountigui de Casablanca, s’est imposé comme une voix écoutée de la diaspora guinéenne au Maroc. Entre événements musicaux, sensibilisation communautaire et plaidoyers pour l’unité, il raconte un parcours fait de résilience, de réseaux et de convictions.
📰 Nimba Media : Qui est « Kountigui de Casablanca » ?
Kountigui : Je m’appelle Camara Ibrahim Bachir. Guinéen, né en Côte d’Ivoire, j’ai grandi en Guinée. Le surnom Kountigui m’a été donné au Maroc. Je viens de l’organisation culturelle ; le blog est venu plus tard, comme prolongement de mon engagement.
📰 Nimba Media : Qu’est-ce qui vous a mis sur la voie de la culture et du blogging ?
Kountigui : En Guinée, j’ai lancé La Soirée des Pros (1re à 4e éditions) : artistes, footballeurs, personnalités… Des rendez-vous qui rassemblaient. Arrivé au Maroc, des familles et des amis me demandaient des vidéos de sensibilisation (deuils, entraide, messages à la communauté). Le blog est né ainsi : par service.
📰 Nimba Media : Vos projets marquants au Maroc ?
Kountigui : Depuis 2016–2017, j’ai fait venir des artistes pour fédérer la diaspora : Mousto Camara, Lilie Paye/Palpaya, Tenin Diawara, Instinct Killers, Grand P, etc. Tournées entre Rabat, Casablanca, Marrakech. Le but : donner la main et créer des moments où l’on se retrouve.
📰 Nimba Media : Comment percevez-vous la communauté guinéenne ici et ailleurs ?
Kountigui : Nous sommes à l’aventure : étudiants, travailleurs, personnes en transit… Chacun son objectif, mais même famille. L’essentiel, c’est l’union. Sans elle, rien n’avance.
📰 Nimba Media : Votre rôle de blogueur est-il compris et soutenu ?
Kountigui : On ne peut pas être aimé de tous. Certains jugent les blogueurs ; d’autres reconnaissent l’utilité. Moi, j’assume : c’est mon destin. Je sépare vie privée et vie en ligne. L’important : tenir la tête et servir la communauté.
📰 Nimba Media : Les principales difficultés de vos engagements ?
Kountigui : Risque financier des événements (billets, cachets, logistique) et parfois faible mobilisation. Quand tu mets tout pour rassembler et que la salle ne suit pas, c’est dur. J’ai parfois mis pause sur l’import d’artistes pour investir sur moi. Mais l’idée reste : l’union fait la force.
📰 Nimba Media : Quelle place pour les réseaux sociaux et la culture ?
Kountigui : L’influence compte : artistes, journalistes, blogueurs… Les réseaux peuvent rapprocher les gens, appuyer l’intégration et porter les bonnes causes — à condition de rester dignes et sincères.
📰 Nimba Media : Pourquoi rester au Maroc ? Quel regard portez-vous sur l’intégration ?
Kountigui : Le Maroc m’a beaucoup appris. Si tu es réglo et que tu ne provoques pas, tu peux vivre tranquillement. Ce n’est pas facile : loyers, factures, pression. Il faut soutiens ou organisation. On ne vient pas « pour voir » ; on vient avec un objectif.
📰 Nimba Media : Un conseil aux Guinéens de la diaspora au Maroc ?
Kountigui : Unité, patience, courage. Pas de jalousie : chacun a son étoile. Cherche la bénédiction des parents. Si ça ne va pas, rentre au pays : l’Europe n’est pas un mythe, et le Maroc n’est pas pour subir. On peut réussir en Guinée aussi. Vivre dignement d’abord.
📰 Nimba Media : Votre parcours personnel a basculé en 2017…
Kountigui : J’ai perdu mes deux parents. Ça a été le déclic. J’ai voulu partir, puis le destin m’a retenu au Maroc. J’ai connu des épreuves mais aussi des chances. Mon capital ? Réseaux, réputation et bénédictions. Avec ça, tu franchis des étapes.
📰 Nimba Media : Comment motiver la jeunesse guinéenne ici ?
Kountigui : Par l’exemple : se lever tôt, travailler, aider un frère quand on peut. Pas brûler les étapes : on ne saute pas du 1er au 10e étage. Et respecter ceux qui tiennent bon ici : un an au Maroc, ça force le respect.
📰 Nimba Media : Un message aux autorités et aux représentants de la communauté ?
Kountigui : Priorité aux étudiants : régularité des bourses, accompagnement réel. L’ambassade soutient administrativement, ce n’est pas une caisse sociale. À la communauté : arrêtons l’orgueil, parlons vrai, protégeons l’image de la Guinée. On est les ambassadeurs du pays.

📰 Nimba Media : Le mot de la fin ?
Kountigui : “Guinéens, donnons-nous la main.” Quand je vois la mobilisation chez nos voisins (Ivoiriens, Sénégalais), je me dis : on peut faire pareil. Soutenons nos événements, nos projets, nos jeunes. L’union, c’est la victoire.
🔖 À retenir
« Sans l’union, on n’avance pas. »
« La patience et le courage, avant tout. »
« Nous sommes les ambassadeurs de la Guinée : restons dignes. »


